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La principale ville de Sardaigne, Sassari, a décidé de sévir face aux piétons qui ne lâchent pas des yeux leur téléphone, même lorsqu’ils doivent traverser la rue. La police municipale peut désormais infliger une amende de 22 € à ces « smombies » (contraction de « smartphone » et « zombie »), qui sont tellement absorbés par leur portable qu’ils ne prêtent aucune attention à la circulation autour d’eux. Elle a commencé il y a neuf mois et pour le moment, les agents ont dressé une centaine de contraventions.

À Honolulu, le maire avait pris la même décision il y a un an. Dans la capitale hawaïenne, il est interdit de traverser la rue en regardant son téléphone sous peine de devoir payer une amende variant entre 35 dollars (environ 30 €) et 99 dollars (environ 86 €), s’il y a récidive.

La décision de la ville de Sassari est partie d’un constat, explique le quotidien Les Échos : il y a chaque année 1 000 accidents de la route à Sassari. Dans 21 % des cas, il y a parmi les personnes concernées ou blessées, au moins un piéton, souvent distrait.

Auparavant, cela ne concernait que 15 % des cas. Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, il ne s’agit pas d’adolescents collés à leur écran. D’après les résultats d’une recherche effectuée à l’échelle de l’Italie, les accros au smartphone qui ne le lâchent même pas dans la rue, sont des adultes, actifs, entre 35 et 55 ans.


Inattention mondiale


Et le phénomène ne se limite pas à la Botte. Aux États-Unis, les accidents mortels de piétons ont progressé de 22 % entre 2014 et 2016, rappelait Le Monde en 2017. En France, les chiffres sont à la hausse également : les accidents mortels impliquant des piétons ont augmenté de 15 % depuis 2010 et en 2016, près de 500 piétons sont morts dans une collision avec un véhicule.

En France, les accidents mortels impliquant des piétons ont augmenté de 15 % depuis 2010. (Photo d’illustration : Rawpixel / Pexels)

Les études qui montrent à quel point les téléphones sont néfastes pour la concentration des piétons sont légion. Un centre de recherche américain, le Pew Research Center, affirmait déjà en 2012, que 23 % des propriétaires de mobiles avaient heurté une autre personne faute d’attention.