Ces Gens qui Ont Laissé des Mots Vont Payer !

«Quittez les lieux au plus vite !» : enquête ouverte après des menaces visant une infirmière

Samia Mazzi a découvert dans sa boîte aux lettres, à Rive-de-Gier, un mot l’invitant à quitter son immeuble. Elle a déposé plainte et une enquête a été ouverte pour en retrouver les auteurs.

 Les soignants, applaudis chaque soir à 20 heures, sont aussi parfois la cible d’actes malveillants (illustration).
Les soignants, applaudis chaque soir à 20 heures, sont aussi parfois la cible d’actes malveillants (illustration). AFP

Par Le Parisien avec AFPLe 11 avril 2020 à 16h34, modifié le 12 avril 2020 à 07h37

« Quittez les lieux au plus vite! » Après la découverte d’une lettre invitant une infirmière de Rive-de-Gier (Loire) à quitter son logement « au plus vite », en pleine épidémie de Covid-19, une enquête a été ouverte contre ses auteurs, a indiqué samedi le parquet de Saint-Etienne.

« Merci d’essayer de penser à quitter le bâtiment, vous êtes un danger pour tous le monde […] s’il y a un cas de Covid-19 dans le bâtiment, vous en serez entièrement responsable. Quittez les lieux au plus vite !! », dit le message trouvé mercredi dans sa boîte aux lettres par Samia Mazzi, une infirmière de 44 ans, mère de deux enfants.

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Cette dernière a porté plainte jeudi au commissariat de Saint-Chamond (Loire) pour « outrage à une personne chargée d’une mission de service public ». Le procureur de la République de Saint-Etienne, David Charmatz, a précisé qu’il avait « requalifié en menaces les faits visés par la plainte contre X déposée » par la professionnelle de santé.

Les infirmiers, cible permanente de « sollicitations, parfois violentes »

Vendredi, Samia Mazzi avait réagi à ce mot sur l’antenne de France Bleu, le qualifiant d’« horrible ». « On rentre, on est fatigué, on a la pression par rapport à ce virus, et d’ouvrir la boîte aux lettres et de trouver un message très violent… Je l’ai pris en pleine face! », expliquait-elle. « Ils ne sont pas plus en danger dans l’immeuble que quand ils sortent dehors », ajoutait-elle, tout en espérant que sa plainte « arrête ces personnes-là ».

La municipalité de Rive-de-Gier, qui a publié sur son compte Facebook le texte adressé à cette infirmière, dénonce des « comportements (qui) rappellent les périodes les plus noires de l’histoire de France ». Samia Mazzi, qui travaille en milieu hospitalier et en libéral, est par ailleurs colistière du maire sortant Jean-Claude Charvin (DVD), candidat aux dernières élections municipales.

Mabrouk Nekaa, président du Conseil de l’ordre des infirmiers de la Loire, a déclaré samedi à l’AFP qu’il s’agissait du « premier cas dans le département », précisant que le Conseil de l’Ordre « devrait se constituer partie civile ». « Je viens d’avoir au téléphone Madame Mazzi, en l’invitant à contacter la plateforme Psycorona de soutien au personnel soignant, animée par un collectif de psychologues solidaires », a-t-il précisé.

La profession est « en permanence la cible de sollicitations, parfois violentes, de personnes à la recherche d’équipements de protection individuelle, tels que les masques mais pas uniquement », a rappelé de son côté Fleur Barbequot, également représentante du Conseil de l’Ordre des infirmiers de la Loire, évoquant un vol de gel hydroalcoolique à la maison médicale de Rive-de-Gier.

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