La centrale à charbon de Cordemais sera exploitée au moins jusqu’en 2024

Le projet de conversion de la centrale est arrêté en raison d’un manque de rentabilité. Elle restera en activité pour assurer l’équilibre du réseau électrique en Bretagne.

Le Monde avec AFP et Reuters Publié hier à 17h42

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Selon les chiffres du ministère de la transition écologique, la centrale de Cordemais emploie 355 salariés et représente 390 emplois indirects.
Selon les chiffres du ministère de la transition écologique, la centrale de Cordemais emploie 355 salariés et représente 390 emplois indirects. LOIC VENANCE / AFP

Lancé en 2015, le projet Ecocombust de reconversion à la biomasse de la centrale à charbon de Cordemais, en Loire-Atlantique, tombe à l’eau. Il va être arrêté, et la centrale à charbon sera exploitée au moins jusqu’en 2024 au lieu de 2022, ont annoncé le ministère français de la transition écologique et EDF, jeudi 8 juillet.

Cette centrale, qui sera la dernière, sera utilisée « à la marge », afin de répondre aux besoins de la région Ouest, « durant les pointes de consommation en hiver, pendant quelques dizaines à quelques centaines d’heures par an tout au plus », précise le ministère, qui confirme sa stratégie de sortie du charbon. L’exploitation de la centrale à pleine puissance sera limitée à environ 750 heures par an.

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Le projet Ecocombust, initialement porté par les salariés, la CGT en tête, consiste à transformer en combustible des résidus de taille, d’élagage et de bois d’ameublement. « Alors que le Conseil d’Etat demande au gouvernement d’intensifier ses efforts pour lutter contre le réchauffement climatique (…), EDF et le gouvernement renoncent au projet Ecocombust », déplore la CGT dans un communiqué, promettant de déployer « l’ensemble de ses moyens d’action pour faire changer cette décision ».

Manque de rentabilité

Dans un courrier à la CGT, Jean-Bernard Lévy, le PDG d’EDF explique que deux raisons ont conduit le groupe à mettre un terme à Ecocombust : un coût qui ne permettra pas de garantir « un prix du produit attractif par rapport au marché actuel » et le départ du projet de Suez, annoncé en avril, qui aurait entraîné un retard dans la date de mise en service industrielle à 2024. « Plus récemment, l’envolée des prix des matières premières en cette période de crise sanitaire a encore alourdi le coût d’investissement global », ajoute le PDG dans son courrier.

Jean-Bernard Lévy souligne dans le même temps que l’abandon d’Ecocombust « ne remet aucunement en question » l’exploitation de la centrale au-delà de 2022, d’autant que le gestionnaire des lignes à haute tension françaises, RTE, en a confirmé le besoin jusqu’en 2024, voire 2026. Il évoque aussi la possibilité qu’EDF mette en place à Cordemais un démonstrateur industriel dans le cadre de ses travaux sur un parc « thermique décarboné ».

L’INJECTION D’eau Pour économiser se démocratise…

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D’autres collectivités et grands groupes ont suivi le Mouvement : Cliquez ICI

Après SCREG , Cadiou Industrie , des Taxis & Mairies, Les Ebénistes ALLOT, d’autres groupes … se jettent à l’eau

une toute nouvelle Tesla prend feu AVEC LE CONDUCTEUR

Etats-Unis : une toute nouvelle Tesla prend feu avec le conducteur au volant

L’accident s’est passé mardi soir à Haverford, non loin de Philadelphie, ont détaillé dans un communiqué vendredi les pompiers de Lower Merion. «En raison de l’ampleur du feu et du type de véhicule impliqué», plusieurs compagnies ont été dépêchées sur place, ont précisé les pompiers qui ont dû arroser la voiture pendant plus de deux heures pour éteindre l’incendie.

Situation «effrayante»

Selon des avocats affirmant représenter le conducteur, ce dernier était au volant lorsque le véhicule s’est spontanément embrasé. Il a temporairement été coincé à l’intérieur avant de pouvoir en sortir. L’essentiel de la carrosserie et de l’intérieur du véhicule ont brûlé, montrent des photos postées sur le site des pompiers. Dans un message transmis à l’AFP, Mark Geragos du cabinet Geragos & Geragos, qui dit représenter le conducteur, a estimé qu’il s’agissait d’une situation «effrayante» et «d’un problème majeur évident».

À LIRE AUSSI :Tesla: le temps des polémiques avec l’Allemagne

«Notre enquête préliminaire est en cours, mais nous demandons à Tesla de mettre ces voitures sur la touche jusqu’à ce qu’une enquête complète puisse avoir lieu», a-t-il ajouté sans préciser le nom de son client. Il travaille sur le dossier en collaboration avec un autre avocat, Jason Setchen de la société Athlete Defender. Tesla n’a pas donné suite à une sollicitation de l’AFP. Le fabricant de véhicules électriques a livré le 10 juin les premiers exemplaires de la nouvelle version de luxe, plus rapide, de sa berline Model S, baptisée «Plaid».

Le conducteur a réussi à s’extirper de la voiture, un modèle « Plaid » tout juste commercialisé. Les pompiers ont mis des heures à éteindre l’incendie, survenu cette semaine en Pennsylvanie.

La carcasse de la voiture incendiée après l'intervention des pompiers. AFP/Geragos & Geragos
La carcasse de la voiture incendiée après l’intervention des pompiers. AFP/Geragos & Geragos 

Une toute nouvelle Tesla Model S « Plaid » a pris feu en Pennsylvanie aux Etats-Unis, avec son conducteur au volant, lequel a eu du mal à sortir du véhicule, selon les autorités et les avocats de l’automobiliste. L’accident s’est passé mardi soir à Haverford, non loin de Philadelphie, ont détaillé dans un communiqué vendredi les pompiers de Lower Merion.

« En raison de l’ampleur du feu et du type de véhicule impliqué », plusieurs compagnies ont été dépêchées sur place, ont précisé les pompiers qui ont dû arroser la voiture pendant plus de deux heures pour éteindre l’incendie.

Selon des avocats affirmant représenter le conducteur, ce dernier était au volant lorsque le véhicule s’est spontanément embrasé. Il a temporairement été coincé à l’intérieur avant de pouvoir en sortir. L’essentiel de la carrosserie et de l’intérieur du véhicule a brûlé, montrent des photos postées sur le site des pompiers.

Dans un message transmis à l’AFP, Mark Geragos du cabinet Geragos & Geragos, qui dit représenter le conducteur, a estimé qu’il s’agissait d’une situation « effrayante » et « d’un problème majeur évident ». « Notre enquête préliminaire est en cours, mais nous demandons à Tesla de mettre ces voitures sur la touche jusqu’à ce qu’une enquête complète puisse avoir lieu », a-t-il ajouté sans préciser le nom de son client. ll travaille sur le dossier en collaboration avec un autre avocat, Jason Setchen de la société Athlete Defender. Tesla n’a pas donné suite à une sollicitation de l’AFP.

Un modèle à 120 990 dollars

Le fabricant de véhicules électriques a livré le 10 juin les premiers exemplaires de la nouvelle version de luxe, plus rapide, de sa berline Model S, baptisée « Plaid ». Avec une puissance de crête de 1 020 chevaux, elle peut rouler jusqu’à 320 kilomètres par heure (200 miles par heure) et accélérer de 0 à 97 km/h (60 mph) en 1,99 seconde. Elle coûte 129 990 dollars.

L’agence de sécurité routière américaine (NHTSA) « est au courant » de l’accident et « est en relation avec les agences pertinentes et le constructeur pour rassembler des informations sur l’incident », a indiqué un porte-parole. « Si des données ou des enquêtes révèlent un défaut ou un risque inhérent pour la sécurité, la NHTSA prendra les mesures appropriées pour protéger le public », a-t-il ajouté

la fin rapide des énergies fossiles N EST PAS D’ACTUALITÉ

Non, les énergies fossiles n’appartiennent pas encore au passé

 La rédaction5 janvier 20217 minutes de lecture

Old_car Wikimedia

La transition énergétique n’appartient pas au monde du rêve ou du verbe. Les discours apocalyptiques comme moralisateurs, au choix, ne mènent nulle part s’ils nient les faits. Le principe de réalité est que nous n’avons aujourd’hui ni les moyens économiques, technologiques et politiques de nous passer dans un avenir proche des énergies fossiles. On ne remplace pas dix milliards de tonnes d’énergies fossiles consommées par an dans le monde par des imprécations. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas commencer à le faire, mais que se fixer des objectifs impossibles à atteindre est le meilleur moyen de ne pas réussir et de se décourager. Si la crise sanitaire doit au moins avoir un effet positif, c’est de nous remettre en phase avec le monde tel qu’il est.

Les énergies fossiles ne sont pas l’avenir, mais elles sont le présent. Il faut distinguer le bruit médiatique, les professions de foi politiques et idéologiques et la réalité. On peut le regretter, mais contrairement à ce qui est devenu un discours automatique bien-pensant, les énergies fossiles ne sont pas prêtes de disparaître. Pour trois raisons essentielles.

Tout d’abord, les transitions énergétique se réalisent sur des décennies. Il s’agit de transformations complexes et structurelles. L’unité de temps est le demi-siècle. C’est l’échelle d’un investissement dans des infrastructures énergétiques. Pour preuve, la transition du bois vers le charbon a commencé il y a deux siècles. Et dans plusieurs régions du monde, des dizaines de millions de personnes continuent encore à utiliser du bois et du charbon de bois.

Les énergies fossiles représentaient en 2019 pas moins de 84% de l’énergie primaire consommée dans le monde

Ensuite, les énergies fossiles représentaient en 2019 pas moins de 84% de l’énergie primaire consommée dans le monde, soit directement, soit transformée en électricité ou en chaleur (selon les statistiques de la BP Statistical review of world energy). Toute activité économique peut se réduire à une dépense et un échange d’énergie. La croissance, c’est un parc de machines en fonctionnement qui augmente. Par quoi sont faits les vêtements que nous portons, les aliments que nous mangeons, les équipements électroniques que nous utilisons et les moyens de transport que nous empruntons? Il n’y a pas une activité économique dans le monde moderne qui ne soit pas dépendante des machines. Et les machines fonctionnent avec de l’énergie.

Ceux qui pronostiquent la fin rapide des énergies fossiles n’ont aucune idée des problèmes d’échelle et d’ampleur des transformations à mener. L’humanité consomme chaque année environ 10 milliards de tonnes de carburants fossiles. Comment les remplacer? La réponse est: nous ne savons pas vraiment.

Il y a en fait un temps incompressible pour déployer les nouvelles technologies sans compter leur efficacité toute relative. La transition nécessite une addition de technologies existantes ou balbutiantes et des investissements considérables. Et la décroissance est un leurre. Le monde l’a connu en 2020, contraint et forcé par la pandémie, et c’est une catastrophe économique et sociale dont on ne mesure pas encore l’ampleur.

Les renouvelables, une solution partielle et limitée

En matière d’électricité, les renouvelables offrent une solution mais partielle et limitée. Ils sont coûteux car intermittents et car il s’agit de sources énergies peu concentrées et extensives. Elles demandent, beaucoup d’installations et beaucoup de surfaces au sol. Et leur production n’est jamais assurée. Plus de la moitié de la population mondiale se concentre aujourd’hui dans les grandes villes et de plus en plus dans les méga cités. Les renouvelables ne sont pas capables de les alimenter de façon durable. On peut même ajouter que les renouvelables ne peuvent exister sans énergies fossiles. On ne peut fabriquer et transporter des éoliennes et des panneaux solaires sans carburants fossiles…

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Bosch contre la voiture électrique

Bosch fait volte-face et plaide maintenant contre la voiture électrique

Arnaud MarchalSpécialiste automobile05 janvier 2021 à 17h4471© Bosch

L’équipementier Bosch, fournisseur d’une grande majorité de constructeurs automobiles, change son fusil d’épaule et se lance dans un plaidoyer contre le véhicule électrique via son P.-D.G. reprenant une partie des arguments avancés le mois dernier par le président de Toyota.

Après avoir acheté une start-up développant des batteries pour véhicules électriques en 2017, Bosch avait prévu de lancer une nouvelle génération de batterie plus légère en 2020. Mais finalement, l’équipementier a renoncé et décide de critiquer le modèle tout électrique.Lire aussi :
Le prix des batteries de voitures électriques a baissé de 89 % en 10 ans

Un grand projet né en 2017

En 2017, Bosch, l’un des principaux fournisseurs mondiaux pour l’industrie automobile, a débuté son programme de développement de batterie pour véhicule électrique en rachetant une start-up, Seeo Inc, spécialisée dans ce domaine.

Peu après, l’équipementier annonce son plan pour la mise sur le marché d’une génération de batterie plus légère d’ici à 2020. Au programme, une batterie de 50 kWh de moins de 200 kg. Mais, l’entreprise n’accorde pas de financement à ce projet.

Finalement, après quelques mois d’errements, Bosch décide de réaliser un investissement considérable, 20 milliards d’euros, pour être capable de produire 200 GWh de batterie chaque année d’ici à 2030, rejoignant les grands noms du secteur tels que CATL, Panasonic, LG Chem ou Samsung SDI.Lire aussi :
Rétrospective 2020 : et si la voiture électrique devenait la norme ?

Source : Electrek

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l’eau du lac va chauffer 550 logements

Haute-Savoie : une première en France, à Annecy l’eau du lac va chauffer 550 logements

Lundi 28 décembre 2020 à 3:41 – Par Marie AmelineFrance Bleu Pays de SavoieFrance BleuAnnecy

Les travaux de construction de la boucle d’eau, qui, d’ici un an, doit chauffer le quartier rénové des Trésoms à Annecy, sont lancés. Le système consiste à pomper, chauffer, puis reverser l’eau du lac avec une empreinte carbone très réduite. C’est le groupe français IDEX qui réalise ce chantier.

Le chantier de la boucle d'eau, et sa barrière flottante, sont installés quai de la Tournette, près des Marquisats à Annecy
Le chantier de la boucle d’eau, et sa barrière flottante, sont installés quai de la Tournette, près des Marquisats à Annecy © Radio France – Marie AMELINE

C’est une première en France : utiliser l’eau d’un lac comme source d’énergie. 

Annecy, en Haute-Savoie, ce projet d’une « boucle d’eau » était dans les tuyaux depuis huit ans. Cette fois, il entre dans sa phase opérationnelle, avec, depuis quelques jours quai de la Tournette, l’installation d’une barrière flottante et l’arrivée des engins de chantier nécessaires à la mise en place du dispositif de pompage, et d’acheminement de l’eau vers un échangeur de calories, une pompe à chaleur, puis vers le quartier des Trésoms en pleine rénovation.

Une barrière flottante délimite le périmètre de la zone de chantier de la future "boucle d'eau"
Une barrière flottante délimite le périmètre de la zone de chantier de la future « boucle d’eau » © Radio France – Marie AMELINE

18 bâtiments dont un hôtel, une résidence Seniors, la piscine des marquisats

Sur le site de l’ancien hôpital d’Annecy, le promoteur « Groupe Crédit Agricole Immobilier » construit depuis cinq ans un programme de 550 logements, dont les derniers seront livrés en 2022. Un hôtel, une résidence Seniors, et le nouveau centre nautique des Marquisats qui lui sera achevé en 2023, compléteront la liste des bénéficiaires de ce système de chauffage mais aussi de climatisation innovant, élaboré par le Groupe IDEX, spécialisé dans la transition énergétique, et dont le siège régional est basé au Bourget-du-Lac, en Savoie.

Le principe de la géothermie

Avec cette boucle fermée, l’eau pompée à moins 20 mètres, à une température constante de 7° sera entièrement reversée dans le lac avec plus  4 ou 5°. Cela n’affectera ni le lac ni son écosystème. Le système est déjà éprouvé à Genève, sur le lac Léman, depuis 10 ans.

« Des études d’impact environnemental ont été menées, et un suivi permanent sera effectué »-Eric MERILHOU, directeur régional IDEX régional

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LES DÉGÂTS COLLATÉRAUX DES éoliens & solaires

ÉNERGIE ET MATIÈRES PREMIÈRES 29 DÉCEMBRE 2020

Les dégâts de l’éolien et du solaire : les coûts d’acheminement de l’électricité

La différence entre un panneau solaire et une éolienne

Multiplier les sources de production et consommation de l’électricité, c’est tirer des câbles de cuivre et d’aluminium. Pas très écologique, et ruineux.

Par Michel Negynas.

L’éolien et le solaire bénéficient de règles complètement anti libérales dans le cadre européen de libéralisation de l’électricité : obligation d’achat de la production, quand il y en a, par le réseau électrique, quel que soit son besoin, et tarifs subventionnés garantis sur des périodes longues. En outre, il en existe une autre, moins connue : l’éventuel surcoût directement lié à leur développement est supporté par le réseau de transport et de distribution.

Rappelons, de plus, que l’intermittence de ces moyens de production impose d’investir en double dans un réseau de production pilotable, nécessaire pour assurer la continuité du service les nuits sans vent. Cela réduit en fait à néant l’utilité de développer ces producteurs d’énergie aléatoire, qui sont en fait un doublon par rapport à ce qui est absolument nécessaire. Pire, leurs caractéristiques en font des perturbateurs du réseau, ce qui a des conséquences technologiques et financières.

QUELQUES NOTIONS SIMPLES SUR NOTRE ÉLECTRICITÉ

Nous utilisons du courant alternatif au lieu de courant continu : il varie autour de zéro lors d’un cycle et cela 100 fois par seconde, c’est sa fréquence. Cela a plusieurs avantages :

A voir aussi :

C est possible pour tOut Moteur

  • il est plus facile à produire par des machines tournantes, et inversement peut faire tourner des moteurs très simples.
  • par le biais des transformateurs, on peut adapter la tension (les volts) et le courant (les ampères) au transport et à l’usage, pour limiter les pertes.
  • le passage à zéro 50 fois par seconde aide les disjoncteurs à couper le courant quand il le faut.

Par contre, il présente quelques inconvénients.

  • gestion de deux types d’énergie : l’énergie active, qui seule peut se transformer en énergie mécanique, et l’énergie réactive, consommée par certains utilisateurs. C’est une composante importante des réglages du réseau, assez peu connue du grand public.
  • les lignes électriques très longues posent des problèmes de stabilité. C’est pour cela que pour des liaisons à longue distance, on revient à du courant continu au moyen de convertisseurs électroniques. Et c’est pour cela aussi qu’équilibrer géographiquement les puissances sur le réseau se fait de proche en proche. Ce n’est ni évident, ni instantané.

Les gestionnaires de réseau doivent donc régler les puissances actives et réactives, la tension et la fréquence du réseau dans des limites contractuelles pour que tout fonctionne, avec des contraintes géographiques, et cela à la microseconde près.

Heureusement, le réseau a la faculté de s’adapter un peu de lui-même lorsqu’il est alimenté par de gros turbo-alternateurs, lesquels ont une grande inertie mécanique et fournissent les deux types d’énergie. Les réglages se font par les régulateurs de ces machines, ainsi qu’avec des équipements assez simples, comme des condensateurs.

LES DÉGÂTS COLLATÉRAUX DES ÉNERGIES DIFFUSES, INTERMITTENTES ET ALÉATOIRES

La production diffuse

Dans des régions à forte densité de population comme l’Europe, centraliser la production d’électricité est une évidence. On montre en effet que les coûts énergétiques sont corrélés à la surface occupée par les moyens de production.

En outre, plus un réseau est interconnecté, plus il est facile et peu onéreux d’assurer la continuité d’alimentation. (Si vous voulez que votre maison photovoltaïque soit réellement autonome en énergie, il vous faut un diesel de secours pour les jours sans soleil et les pannes). L’interconnexion exige la centralisation de la conduite du réseau.

Lire la suite ici : https://www.contrepoints.org/2020/12/29/387535-les-degats-de-leolien-et-du-solaire-les-couts-dacheminement-de-lelectricite

le meilleur de l’innovation dans le secteur de l’énergie

Ces entreprises ont su convaincre le jury et le public avec leurs produits et services axés sur les thématiques des modes de vie durables, des territoires neutres en CO2, des infrastructures résilientes et du sport.

ParJean-Yves Alric

Prix Startup EDF Pulse

© EDF

Ce 1er décembre, le groupe EDF a organisé la troisième édition des Electric Days. L’objectif de cet événement était de montrer le meilleur de l’innovation dans le secteur de l’énergie. Crise sanitaire oblige, EDF a opté cette année pour une expérience 100 % digitale qui a permis de faire découvrir au grand public un aperçu des solutions énergétiques du futur. Pour l’occasion, les spectateurs ont pu assister à de nombreuses expositions virtuelles et à des conférences en direct.

Cette journée riche en événements a aussi permis de dévoiler les lauréats de la 7ème édition des Prix start-up EDF Pulse. L’enjeu était de taille pour les 17 finalistes de ce concours qui se distinguent par leurs innovations qui permettront de construire un monde plus durable. Ils étaient 400 candidats au départ et ils sont finalement 10 à l’arrivée pour ce cru 2020.

Les lauréats se voient attribuer une dotation de 30 000 € à 80 000 € pour soutenir leur développement et une campagne de communication pour augmenter leur visibilité.

C’est Jean-Bernard Lévy, PDG du groupe EDF, qui a eu l’honneur de dévoiler les lauréats pendant la cérémonie de remise des Prix qui a clôturé des Electric Days. Sans plus attendre, voici la liste des start-ups récompensées pour cette édition.

And the winners are…

BEFC : une pile écologique à base de papier et d’enzymes (1er Prix du Jury)

Spin out du CNRS, BeFC a conçu la pile du futur. En papier, sans métal et sans produit toxique, elle fournit de l’énergie propre pour les appareils électroniques de basse puissance, comme par exemple, les tests de grossesse jetables.

Pour ce faire, ces piles miniatures recyclables utilisent les enzymes et un système de bio-catalyse qui permet de produire de l’électricité. Autant dire que le potentiel de cette innovation est énorme et pourrait notamment s’intégrer à l’avenir dans le secteur de la logistique.

InBolt : la digitalisation des processus manuels industriels (2ème Prix du Jury)

On assiste ces dernières années à une accélération de l’automatisation des processus industriels. Pour autant, l’intervention humaine reste clairement nécessaire et c’est ici qu’intervient In Bolt.

Pour garantir la qualité et la traçabilité des opérations manuelles telles que le perçage, vissage, soudage, la start-up a développé un capteur optique 3D qui peut être fixé sur n’importe quel outil manuel. Il localise ce dernier lors de son utilisation et facilite ainsi le travail de l’opérateur qui peut lui même réaliser le contrôle qualité.

Water Horizon : la batterie mobile qui valorise la chaleur perdue (3ème Prix du Jury)

Dans les process industriels, nombreuses sont les déperditions énergétiques. On estime par exemple que la chaleur perdue s’élève en Europe à 930 TWh annuels, soit l’équivalent de 100 réacteurs nucléaires.

Water Horizon a justement développé une batterie pour récupérer et transporter cette énergie perdue. Il devient ainsi possible de valoriser hors site cette ressource en chaud ou en froid. On imagine aisément les applications de cette technologie qui pourrait s’avérer très utile pour les data centers qui ont des besoins de refroidissement importants.

Earthwake : la machine qui recycle le plastique en carburant (Prix du public ❤️)

Cette année, c’est Eartwake qui a été récompensée par le Prix du publicpour une solution qui répond directement à la préoccupation n°1 des français d’un point de vue environnemental (source : baromètre EDF Obs’COP 2020).

Les déchets plastiques sont un véritable fléau pour la planète, d’autant que le tri et le recyclage ne sont pas toujours simples à effectuer. Tous les ans, ce sont plus de 230 000 tonnes de plastique qui sont jetées dans la Méditerranée.

Earthwake a justement eu l’idée d’utiliser ces déchets pour en faire du carburant. Chrysalis, leur machine, utilise pour cela le procédé de la pyrolyse (combustion sans flamme à très haute température) pour dissoudre les molécules de plastique. Après leur distillation, elles ressortent ensuite sous forme d’essence, de diesel et de gaz. Ce dernier est ensuite utilisé pour alimenter la machine en énergie.

Les mentions spéciales du Prix start-up EDF Pulse 2020

En outre, le jury a choisi d’attribuer trois mentions spéciales pour des projets impactant positivement la société.

Le Chemin des Mûres est ainsi salué sur la thématique de la responsabilité sociétale. Son application vise à favoriser les circuits courts et l’économie locale. Elle se destine aux professionnels de l’alimentation et a pour but de faciliter et réduire les coûts de transport en mutualisant les livraisons.

De son côté, Transition-One est mentionné pour son apport à la transition écologique. La start-up convertit en électrique le moteur essence ou diesel de voitures citadines ou d’utilitaires légers en seulement 4 heures. Il s’agit donc d’une vraie solution pour une mobilité plus durable.

Enfin, Reciclalia est distingué pour son impact environnemental. L’entreprise espagnole est spécialisée dans le recyclage des pales d’éoliennes hors service. Ses technologies permettent de démanteler les pales directement sur site, réduisant ainsi la pollution liée au transport de ces lourdes pièces, et de valoriser leurs matériaux composites. Les fibres de verre et de carbone ré-intégrent la filière industrielle dans une logique d’économie circulaire.


Prix spécial EDF Pulse Sport & Innovation

C’est la nouveauté de cette édition 2020. Le Prix spécial EDF Pulse Sport & Innovation a été lancé en collaboration avec Paris 2024. Il s’adresse aux startups qui développent des projets innovants dans le domaine du sport en répondant à une problématique d’intérêt général.

A cette occasion, le Président du comité d’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, Tony Estanguet, est intervenu pour féliciter les finalistes. Également triple champion olympique, il n’a pas manqué de souligner les liens entre les start-up et le monde sportif de haut niveau. Il a aussi rappelé les efforts de son équipe pour offrir les premiers Jeux neutres en carbone.

GoMyPartner : le sport gratuit pour tous (Lauréat du Prix spéciale Sport & Innovation)

GoMyPartner a été primée cette année avec le Prix spécial EDF Pulse Sport & Innovation. L’entreprise a créé un programme de fidélité qui permet de réduire les inégalités dans l’accès au sport.

Concrètement, les achats réalisés auprès d’une enseigne partenaire permettent de cumuler des euros qui peuvent ensuite être utilisés pour régler une cotisation ou encore de s’équiper pour une pratique sportive. Il suffit pour cela de scanner son ticket en utilisant une application.

Les mentions spéciales du Prix spécial EDF Pulse Sport & Innovation

Le jury du Prix spécial a également choisi d’attribuer des mentions spéciales pour des projets à fort impact sociétal.

La startup I Wheel Share a été distinguée avec la mention sport & inclusion. Elle a conçu un chatbot qui aide les personnes handicapées à retrouver, près de leur domicile, des disciplines et des installations sportives adaptées à leur handicap.

Hubbster a reçu la mention sport & territoires. Cette start-up danoise veut rendre les villes plus actives et agréables à vivre. Pour cela, elle met à disposition des habitants des équipements de sport (balles, ballons, raquettes…) dans des coffres répartis sur des terrains de jeux publiques. Depuis une application mobile, les citadins peuvent ainsi débloquer le coffre et utiliser les équipements. Cette dernière permet également de trouver des partenaires de jeux.

Plus d’informations sur les Prix start-up EDF Pulse sur www.edf.fr/prixedfpulse.

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L’Arabie saoudite paie son dividende en empruntant

Le dilemme du dividende de 75 milliards de dollars de Saudi Aramco

L’Arabie saoudite paie son dividende pétrolier à crédit

C’est une histoire inouïe : Aramco, la grande compagnie pétrolière nationalisée de l’Arabie Saoudite, est à court d’argent et emprunte désormais des milliards de dollars pour payer les dividendes promis à ses actionnaires. Les dividendes sont normalement le moyen de partager les profits d’une entreprise. Mais Aramco perd de l’argent depuis le début de 2020 et est liée par un engagement à verser 75 milliards de dollars par année en dividendes.

Le montant exact de l’emprunt n’est pas public, mais les données disponibles donnent un ordre de grandeur. Pour les deux premiers trimestres de 2020, le flux de trésorerie disponible d’Aramco – en clair, son bénéfice – s’est élevé à 21,1 milliards. Ce montant ne couvre que 63 % 37,5 milliards de dollars promis en dividendes pour cette période, sans parler des autres investissements prévus. Aramco a mis sur la glace plusieurs projets importants, dont une usine pétrochimique en Arabie et un terminal méthanier au Texas, ce qui tend à confirmer qu’elle rencontre des problèmes de trésorerie.

Saudi stock exchange

Les dirigeants de Saudi Aramco ont commencé 2020 dans une ambiance festive après avoir obtenu la plus grande cotation boursière au monde. Mais elle est rapidement devenue l’année la plus difficile de la compagnie pétrolière contrôlée par l’État depuis des décennies, frappée par le double choc du coronavirus et la chute des prix du brut.

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A voir aussi : ils roulent à l’eau :

«Aramco a surmonté avec succès de nombreux défis au cours de ses 87 ans d’histoire. . . Mais cette crise actuelle, qui a provoqué la pire récession économique depuis la grande dépression des années 1930, est de loin le défi le plus difficile auquel le monde ait jamais été confronté », a déclaré le directeur général Amin Nasser, après avoir signalé une baisse de 73% de ses bénéfices trimestriels.

Les résultats ont été meilleurs que ceux de ses pairs internationaux, dont beaucoup ont subi des pertes de plusieurs milliards de dollars alors que la pandémie a déclenché une baisse de la demande de pétrole et contraint les entreprises à déprécier leurs actifs. Mais un effondrement aussi dramatique des bénéfices de Saudi Aramco aurait été impensable lorsqu’elle a lancé sa vente d’actions tant attendue en décembre.

Aujourd’hui, il est contraint de recalibrer ses plans de dépenses en capital, de réduire ses coûts et de réduire ses ambitions alors même que le marché pétrolier montre des signes provisoires de reprise.

Pour la première fois, elle contracte des dettes importantes pour payer son acquisition de 69 milliards de dollars d’une participation majoritaire dans Sabic, la société pétrochimique, auprès du fonds public d’investissement du royaume. L’accord a été conçu pour donner un coup de pouce financier au PIF, qui est le véhicule choisi par le prince héritier Mohammed ben Salmane pour conduire ses réformes économiques.

Le géant de l’énergie qui facilite les ventes de pétrole de l’Arabie saoudite a longtemps été considéré comme l’épine dorsale de l’économie du royaume. Le paiement des actionnaires est essentiel à la fois pour les investisseurs nationaux qui ont versé de l’argent dans l’introduction en bourse pour un morceau du joyau de la couronne du pays et pour le gouvernement qui s’efforce de contenir un déficit budgétaire en plein essor.

Biraj Borkhataria de RBC Marchés des Capitaux a déclaré: «La question clé est de savoir jusqu’où êtes-vous prêt à continuer de pousser le bilan pour continuer à payer le dividende en entier, si le prix du pétrole reste bas?»

L’aérien Polluant

Pollution.

La moitié des émissions du transport aérien générée par 1 % de la population mondiale

Publié le 18/11/2020 – 14:04

Une étude, reprise sur sa une par la version américaine du Guardian, pointe l’impact démesuré dans les émissions de carbone liées au transport aérien d’une élite restreinte de “super-émetteurs”.

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  • Si vous êtes sujet au “flygskam”, cette honte de prendre l’avion en raison de ses conséquences sur l’environnement, voilà de quoi ne pas être trop dur avec vous-même : vous ne faites peut-être pas partie des “1 % de la population” qui ont été “responsables de la moitié des émissions de carbone mondiales dues au transport aérien” en 2018, selon une étude publiée dans le journal Global Environment Changeet reprise sur sa une par l’édition américaine du Guardian.

    Ces “super-émetteurs”, comme les qualifie le quotidien, ont compté pour la moitié du “milliard de tonnes de dioxyde de carbone produit” par le secteur pendant cette année 2018. Cette “élite” fait elle-même partie d’une élite, puisque le Guardianrappelle que cette même année, “seulement 11 % de la population mondiale a pris l’avion, et 4 % un vol international”.

    Dans le détail, poursuit l’étude :

    Les passagers aériens américains ont de loin la plus forte empreinte carbone parmi les pays riches. Leurs émissions aériennes sont plus importantes que celles des dix pays suivants du classement combinées, parmi lesquels le Royaume-Uni, le Japon, l’Allemagne et l’Australie.”

    Selon “Stefan Gössling, de l’université Linné, en Suède, qui a mené cette étude”, cité par le Guardian, si nous voulons nous attaquer au changement climatique et repenser [le secteur aérien], nous devrions commencer par le sommet, où quelques ‘super-émetteurs’ contribuent massivement au réchauffement”.
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    D’autant que la pandémie de Covid-19, qui a provoqué “une baisse de 50 % du nombre de vols”, rappelle le Guardian, peut au moins servir à agir sur le sujet, estime le scientifique :

    Les riches ont eu beaucoup trop la liberté de façonner la planète selon leurs souhaits. Nous devrions voir la crise comme une occasion de réduire le transport aérien”.

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La production mondiale d’hydrogène produit PLUS de CO2 dans l’atmosphère (Source AIE) que l’aérien

L’hydrogène sera vraiment révolutionnaire si il est produit à partir des renouvelables

Bus à hydrogène
Bus à hydrogène (CC-BY-SA 4.0 Matti Blume)

De Jules Vernes à Jérémy Rifkin, nombreux ont été les visionnaires anticipant l’avènement d’une société de l’hydrogène. Écoutons l’ingénieur Cyrus Smith, personnage principal de L’Île mystérieuse (1875) :

« Oui, mes amis, je crois que l’eau sera un jour utilisée comme combustible, que l’hydrogène et l’oxygène qui la constituent fourniront une source de lumière et de chaleur inépuisables et d’une intensité que la houille ne saurait avoir. »

Si l’hydrogène n’est pas le miracle du roman de Jules Verne, il peut en revanche constituer un vecteur accélérant la transition énergétique vers des sources renouvelables. À condition qu’on l’affranchisse de sa dépendance actuelle à l’égard des énergies fossiles.

L’hydrogène d’hier : un sous-produit des énergies fossiles

Représentant 75 % de la masse gazeuse du soleil, l’hydrogène est considéré comme l’élément le plus abondant de l’univers. Sur Terre, il est peu présent à l’état pur : très léger, il n’est en effet pas retenu par la gravitation et s’échappe de ses réservoirs naturels.

L’hydrogène est toutefois présent tout autour de nous, combiné à d’autres éléments. On le trouve ainsi dans chaque molécule d’eau. Associé au carbone, il est dans tous les végétaux et animaux. Les énergies fossiles, elles-mêmes issues de la décomposition de la matière vivante, ne font pas exception.

L’hydrogène peut être produit en le séparant de ces autres éléments.

AIE

Ce développement rapide n’a aucunement contribué à la décarbonation des économies.

En 2018, la production mondiale d’hydrogène a provoqué le rejet de 830 Mt de CO2 dans l’atmosphère (Source AIE), soit l’équivalent de 2,5 fois les émissions de CO2 de la France ou encore 25 % de plus que les rejets de la totalité des vols internationaux de l’année.

Tant que l’hydrogène reste un sous-produit des énergies fossiles, rouler à l’hydrogène ou l’utiliser pour produire de la chaleur permet de réduire les pollutions locales, mais pas d’abattre les rejets de CO2.

Le premier enjeu de la révolution de l’hydrogène consiste à basculer vers une production non carbonée.

Demain : hydrogène gris, hydrogène bleu ou hydrogène vert ?

« L’hydrogène gris » désigne celui obtenu directement à partir du gaz naturel ou du charbon. Par kg produit, il émet de l’ordre de 9 Kg de CO2 à partir du gaz et de 20 Kg à partir du charbon (voir le graphique ci-dessous). En Europe, la quasi-totalité de l’hydrogène est issue du gaz naturel.

AIE

Une première voie pour limiter son empreinte carbone consiste à coupler sa production à des installations de captage récupérant une partie du CO2 avant qu’il ne se dissipe dans l’atmosphère. On obtient alors de « l’hydrogène bleu », limitant les dégâts climatiques sans s’affranchir de la dépendance aux énergies fossiles.

Dans les conditions actuelles, l’hydrogène gris revient à environ 1,5 €/kg en Europe, soit un peu plus qu’aux États-Unis ou en Chine où gaz et charbon sont bon marché. Par ailleurs, les coûts de stockage et de transport sont limités par la proximité entre les sites de production et de consommation la plupart des installations actuelles étant situées dans des raffineries ou des complexes pétrochimiques.

Le coût des installations de capture et stockage de CO2 est de l’ordre de 1 €/kg. Autrement dit, avec un prix du CO2de l’ordre de 100 €/tonne, il deviendrait rentable de systématiser ces installations en basculant de l’hydrogène gris vers l’hydrogène bleu. Avec à la clef, des gains potentiels d’émission de CO2 de l’ordre de 750 Mt (2 % des émissions mondiales de CO2).

Une autre voie pour produire l’hydrogène est celle de l’électrolyse qui utilise l’énergie électrique pour récupérer l’hydrogène présent dans l’eau. Si on utilise une électricité produite avec du gaz naturel ou du charbon, l’opération n’a pas d’intérêt pour le climat : on rejette par cette voie plus de CO2 qu’en séparant directement l’hydrogène du gaz ou du charbon.

En couplant un électrolyseur à une source décarbonée d’électricité, on obtient de « l’hydrogène vert », non-émetteur de CO2.

L’opération est particulièrement intéressante, lorsqu’on dispose d’importantes capacités de production éolienne ou solaire dont le coût unitaire à la production est devenu compétitif, tant face aux filières fossiles que nucléaires, mais dont l’injection à grande échelle se heurte à la difficulté de l’intermittence. L’électrolyse permet alors de stocker les excédents d’électricité en les transformant en hydrogène qui devient un intégrateur des sources renouvelables dans le système énergétique.

Comment rendre l’hydrogène vert compétitif

Le coût de production de l’hydrogène vert par l’électrolyse dépend de trois paramètres : le prix de l’électricité utilisée dans l’électrolyseur, le coût et l’efficacité de cet électrolyseur, les coûts de transport et de stockage qui pèsent dans la balance sitôt que le lieu de consommation est éloigné du site de production.

Actuellement, le coût du kg d’hydrogène vert se situe dans une fourchette de l’ordre de 3 à 6 €/kg, soit de deux à quatre fois celui de l’hydrogène gris. Mais il est dans une dynamique de forte baisse, sous l’impact de la baisse du coût de l’électricité verte et de celui de l’électrolyse.

Les différents plans hydrogène visent à accélérer le mouvement grâce aux changements d’échelle de la production d’électrolyseurs et aux investissements dans les réseaux de stockage et distribution. Cet argent public mobilisé du côté de l’offre permet d’accélérer l’industrialisation des pilotes issus de la recherche et développement. Son usage est pleinement justifié.

Les aides à l’utilisation de l’hydrogène vert sous forme de complément de prix sont plus discutables sous l’angle économique. Elles n’incitent pas suffisamment les producteurs à baisser leurs coûts et stimulent la consommation d’énergie. Elles pourraient être fortement réduites ou disparaître pour un prix du CO2 de l’ordre de 100 à 250 €/T.

La production d’hydrogène vert à partir de biomasse renouvelable est une autre voie qui pourrait s’avérer intéressante pour son intégration territoriale. Elle en est encore au stade expérimental. Deux options sont testées en France : à partir du bois (projets de Vitry-le-François et de Strasbourg) ou à partir de biomasse agricole (utilisation du chanvre dans la Sarthe).

ET SI ON CHANGE DE TECHNO ?

Aujourd’hui, il croule sous les commandes …

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Des Sociétés, Des Mairies ect… Se Mettent à L’eau

Les nouveaux usages de l’hydrogène

Pour contribuer pleinement à la substitution énergétique, il ne suffit pas de massifier la production d’hydrogène vert. Il convient aussi de développer les usages qui permettent de réduire les émissions de CO2 là où elles sont les plus difficiles à obtenir.

En premier lieu, on peut injecter jusqu’à 10 ou 20 % d’hydrogène vert dans les réseaux de gaz, nettement plus si on convertit une partie de cet hydrogène en méthane via un procédé appelé « méthanation ». Cette voie est actuellement testée en France à Fos-sur-Mer. Outre l’intérêt de réduire la part du gaz fossile dans le réseau, son intérêt est de pouvoir capter et réutiliser une partie des rejets de CO2 de l’aciérie de Fos.

En second lieu, l’hydrogène permet de produire de l’électricité à partir de piles à combustible embarquées. Les constructeurs asiatiques Toyota et Hyundai ont commencé à commercialiser des voitures particulières à hydrogène qui ont une autonomie plus grande que les voitures électriques utilisant les batteries. À terme, les applications les plus intéressantes concernent les véhicules utilitaires (bus et camion) pour lesquels le poids des batteries est une contrainte majeure, les trains quand les lignes ne sont pas électrifiées et, sans doute plus tard, les avions.

Enfin, l’hydrogène vert pourrait décarboner demain des procédés industriels où les substituts à l’énergie fossile sont difficiles à développer. Le plus important concerne la production primaire d’acier où le charbon est à la fois utilisé comme source d’énergie et agent réducteur du minerai. L’hydrogène pourrait s’y substituer et fournir de l’acier zéro carbone. Le premier pilote industriel testant cette voie est en développement dans le nord de la Suède, dans le cadre du projet Hybrit.

L’Europe face à la révolution de l’hydrogène

La stratégie européenne de l’hydrogène met l’accent sur le développement d’une offre compétitive basée sur des soutiens à la R&D, aux pilotes industriels et aux projets intégrant l’hydrogène dans des écosystèmes plus large. Grâce à différents programmes d’investissement, l’Europe a mis plusieurs dizaines de milliards sur la table.

L’attention nouvelle portée à l’offre constitue une inflexion majeure de la politique climatique européenne qui a reposé jusqu’à présent plus sur le soutien à l’usage d’énergie décarbonée que sur sa production sur le territoire européen.

De telles actions favorisant la demande ont abouti, dans le cas de l’énergie solaire et des batteries, à délocaliser une grande partie de la production d’équipements en perdant des potentiels de créations locales de richesses et d’emplois.

L’Allemagne, et désormais la France, déclinent cette stratégie européenne, en projetant d’investir respectivement 9 et 7,2 milliards d’argent public d’ici 2030.

Elles disposent d’atouts non négligeables, avec deux des trois majors de l’industrie mondiale des gaz industriels (Linde et Air Liquide), de grands équipementiers automobiles ou ferroviaires, d’excellents laboratoires de recherche publique et une myriade de start-up dont beaucoup sont issues de ces laboratoires. L’Allemagne s’appuie sur un plan plus rapide de déploiement des énergies renouvelables, support incontournable de l’hydrogène vert.

La clef de la réussite sera moins la quantité d’argent public mis sur la table, que la capacité à faire entrer en synergie tous ces acteurs venus d’horizons différents. C’est à ce prix qu’on fera de l’hydrogène, non pas cette énergie « inépuisable » à laquelle rêvait l’ingénieur de L’Île mystérieuse, mais un puissant intégrateur des énergies renouvelables dans le système énergétique de demain.

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Christian de Perthuis, Professeur d’économie, fondateur de la chaire « Économie du climat », Université Paris Dauphine – PSL

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.