le camion électrique de nikola ne roulait pas

Deux jours après avoir vu la valeur de ses actions bondir de 40% grâce à l’annonce d’un partenariat avec General Motors, le constructeur Nikola subit de plein fouet un dossier embarrassant sur son bien-fondé.

Hindenburg Research accuse la marque de pick-ups et camions électriques et à hydrogène de s’être construite autour des mensonges de son fondateur, Trevor Milton. Lire aussi :

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Le passé de Trevor Milton mis en cause

Le rapport de Hindenburg Research s’ouvre sur un rappel du passé de Trevor Milton, et le lancement de sa première entreprise nommée dHybrid Inc., et déjà destinée à fabriquer des pick-ups et camions électriques. La marque a connu d’excellents débuts, marqués par un contrat avec Swift Transportation pour un test de conversion de 10 camions, qui devait se transformer en accord sur 800 camions si l’essai fonctionnait.

Deux ans et demi plus tard, cependant, Swift Transportation lance un procès contre dHybrid, au motif que ce dernier n’a fourni que cinq camions sur les dix prévus. Swift indique également avoir remarqué que le système dHybrid n’était pas aussi efficient que prévu, et a subi des pannes sur les modèles acquis. Ayant investi 2 millions de dollars pour acquérir 9% des parts de la société, Swift choisit alors d’attaquer Milton et sa société dHybrid.

Face à ces premiers démêlés avec la justice, Trevor Milton aurait cherché d’autres investisseurs pour pouvoir notamment payer les frais liés à la plainte de Swift. Hindenburg a trouvé des e-mails montrant que dans ses démarches, Milton donnait des chiffres erronés pour rassurer au sujet de son entreprise et gonfler le contrat existant avec Swift.

Milton aurait alors décidé de vendre dHybrid Inc., et aurait trouvé un acheteur potentiel avec l’entreprise Sustainable Power Group LLC (sPower). A peine un mois après l’ouverture des discussions, sPower se serait retiré des négociations, jugeant que les promesses techniques effectuées par dHybrid n’étaient pas représentatives de la vérité, tant sur la capacité des systèmes que sur l’avancement du projet, en particulier autour de son homologation.

Une entreprise bâtie sur des coups de bluff ?

Après ses déboires avec sa société personnelle, Milton aurait relancé avec son père une autre entreprise nommée dHybrid Systems. Celle-ci a finalement été vendue en 2014 à Worthington Industries, un géant de la manufacture industrielle. Profitant de la date de création de dHybrid Inc., fondée plusieurs années avant dHybrid Systems, Milton a cédé son entreprise au-dessus de sa valeur réelle, à près de 20 millions de dollars.

Et si les doutes s’accumulent aujourd’hui autour de Nikola, c’est parce que tous ces procédés frauduleux — ou à la limite de l’illégalité — ont directement mené à la création de la nouvelle marque de Trevor Milton. Une fois lancée, d’abord sous le nom de Bluegentech, elle a promis des technologies qui n’ont jamais été mises au point ; mais Milton a continué à assurer qu’il allait « transformer l’industrie du transport » avec un poids lourd à hydrogène.

L’annonce du Nikola One était officielle et rendez-vous était pris le 1erdécembre 2016 pour découvrir le camion révolutionnaire, aux côtés d’un buggy électrique nommé Zéro. Au fil des mois, Nikola Motor Company a teasé l’arrivée du One et répondait même aux questionnements des internautes, assurant qu’il s’agirait bien d’un prototype fonctionnel qui permettrait de découvrir le premier produit de la marque en fonctionnement.

Un coup de poker révélé par Bloomberg, et admis par Milton

Face aux incroyables performances annoncées par la marque, la présentation officielle de l’engin a enthousiasmé autant qu’elle a soulevé des questions. Mais l’insistance de Trevor Milton sur son produit, couplée au fait qu’il interdisait aux personnes présentes de monter dans le camion sans autorisation, n’a fait que renforcer les spéculations quant au manque de sérieux du projet.

Finalement, Bloomberg a confirmé cette année que le Nikola One présenté en 2016 n’était qu’une coquille vide, et que le prototype n’était aucunement fonctionnel. Milton l’a lui-même avoué auprès du journaliste Ed Ludlow, assurant cependant qu’il n’avait jamais dit que le prototype était entièrement prêt.

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