UN POISON NATUREL : Le Mercure libérè suite au réchauffement climatique

ENVIRONNEMENT


Fonte de l’Arctique: boîte de Pandore … À mesure que l’Arctique fond, des tonnes de mercure sont libérées dans l’atmosphère

Les scientifiques ont trouvé des toxines en très grandes quantités en Arctique. À mesure que le pergélisol fond, le mercure envahit les ères glacées.

De Craig Welch

Alors que le pergélisol fond, il libère du mercure dont une partie se retrouvera dans la chaîne alimentaire.PHOTOGRAPHIE DE JOEL SARTORE, NATIONAL GEOGRAPHIC CREATIVE

On parle beaucoup de la fonte de la banquise. Moins du dégel du pergélisol. Le sol gelé de l’Arctique constitue pourtant le plus important réservoir de carbone de la planète. S’il venait à dégeler et à libérer l’intégralité de ses réserves de gaz à effet de serre, les températures pourraient augmenter de 12 °C ! Ces estimations vont bien au-delà des 4,8 °C d’élévation à l’horizon 2100 prévus par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) dans son pire scénario. 

Le pergélisol cache aussi de grandes réserves de mercure, métal pouvant être toxique et qui à mesure que la Terre se réchauffe pourrait contaminer les poissons et autres animaux marins, voire menacer la santé des Hommes.

Une étude publiée lundi dernier dans le journal Geophysical Research Letters rapporte que le taux de mercure naturel retenu pour le moment par le pergélisol de l’Arctique est 10 fois supérieur à la quantité de mercure produit par l’homme ces 30 dernières années. Le dérèglement climatique réchauffe les terres et fait fondre le pergélisol, libérant ainsi des taux importants de mercure dans l’atmosphère.

« Avant cette étude, on pensait que le pergélisol ne contenait que peu de mercure, » explique le co-auteur de l’étude Kevin Schaefer de l’université du Colorado. « En réalité, non seulement il y a du mercure dans le pergélisol, mais c’est aussi la plus grande réserve de mercure de la planète. »

Ce que l’on ignore pour l’instant, c’est quelle quantité de mercure pourrait être relâchée dans l’atmosphère, sous une forme qui pourrait être toxique pour les Hommes.

Florent Dominé (à droite) mesure les propriétés physiques de la neige avec son étudiant, Mathieu Barrère, près du village inuit d’Umiujaq, sur la côte Est de la baie d’Hudson (Canada).PHOTOGRAPHIE DE FLORENT DOMINÉ

UN POISON NATUREL

Le mercure est naturellement présent dans l’environnement et est libéré par les feux de forêt, les éruptions volcaniques et l’altération des roches. Mais près des deux tiers du mercure présent dans l’air sont le fait de l’action de l’Homme, notamment à cause de la combustion de charbon ou certains types d’exploitations minières. Une fois en suspension dans l’air, le mercure retombe finalement sur terre, pénétrant dans l’eau ou dans les sols sous forme liquide. Il peut ensuite être ingéré par les poissons et les animaux marins, dans des quantités de plus en plus élevées, faisant son chemin dans l’intégralité de la chaîne alimentaire.

Sous certaines formes, le mercure est une puissante neurotoxine. Chez les enfants, il peut nuire au bon développement du cerveau, affecter la mémoire, leurs capacités langagières et même leurs aptitudes motrices et visuelles.
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